Les Enfants de Madagascar

Tous les enfants qui vivent dans la misère ont droit à notre soutien et à notre aide; les enfants de Madagascar plus particulièrement puisqu’ils vivent dans un des pays les plus pauvres au monde.

Ayant rencontré le Père Pedro à plusieurs reprises  tant en Belgique qu’en France, son témoignage nous a bouleversés. C’est donc vers lui et son association « Akamasoa » qu’iront nos priorités.

Le Père Pedro Opeka (Extrait du site http://www.perepedro-akamasoa.net/)

Enfance
Pedro Pablo Opeka, est né le 29 juin 1948 à San Martin, une province de Buenos Aires, de parents réfugiés Slovènes.

Pedro Opeka apprend très tôt les métiers du bâtiment, en aidant son père, devenu maçon en arrivant en Argentine.

Formation
Le 6 mars 1966, il décide de rentrer au noviciat pour devenir prêtre et entame, à dix-sept ans, le séminaire chez les Pères Lazaristes (ordre fondé en 1625 par saint Vincent de Paul). Il commence à étudier la philosophie et la théologie au Colegio Máximo de San Miguel (banlieue de Buenos Aires), en 1968, au même moment où le futur Pape François, dans la même faculté, achève ses études en théologie.

Il part pour la première fois à Madagascar le 26 octobre 1970, afin d’être maçon dans la paroisse de Vangaindrano (Sud-Est de l’île). Il travaille aussi aux côtés des paysans malgaches et crée des groupes de villageois et de jeunes, pour les aider à réfléchir ensemble, bâtir des projets communs et à prendre en main leur futur.

Pedro Opeka acquiert la conviction qu’il sera missionnaire et continue ses études de théologie à partir de 1972, durant 3 années en France, à l’Institut catholique de Paris. Il rencontre la Communauté œcuménique de Taizé, près de Cluny. Ses études terminées, il voyage en Israël, en Russie et aux Etats-Unis (New York).

Le 19 mars 1975, il prononce ses vœux de missionnaire dans l’église Lazariste de la rue de Sèvres à Paris, épousant ainsi la cause de Saint Vincent-De-Paul en vouant sa vie au service des plus démunis.

Madagascar
En janvier 1976, le Père Pedro repart à Madagascar pour être curé de la Paroisse de Vangaindrano. Pendant 13 ans, il vivra avec ces paysans pauvres du Sud-Est de la Grande Ile, mettant en pratique l’exemple de Jésus et de sa fraternité évangélique, c’est-à-dire oeuvrant au service des autres. Avec quelques prêtres, il va travailler dans les rizières, au côté des paysans, montrant ainsi qu’aucun travail n’est indigne. En même temps que cet enthousiasme d’une vie parmi les plus pauvres à l’exemple du Christ, il découvre une population qui survit la faim au ventre et dont les enfants meurent au quotidien. Face à ces morts et ces maladies qui frappent des familles résignées qui s’en remettent à la Providence, il se révolte très vite et tente de les persuader qu’il n’y a rien dans cette mort de l’oeuvre de Dieu.

AKAMASOA
Une semaine après son arrivée dans la capitale, en mars1989, alors qu’il rend visite à des malades dans la banlieue, il découvre la décharge de la ville. Là, il tombe nez à nez avec un millier d’enfants et de parents qui vivent sur une montagne de déchets et se disputent leur nourriture parmi les chiens et les cochons.

Il retourne dès lors quotidiennement sur la décharge, rencontre les personnes qui y vivent et leurs représentants. Ce n’est qu’après six mois de longues discussions, et des visites quotidiennes, qu’il réussit à convaincre 70 familles de quitter la décharge pour créer un nouveau village sur une terre à 60 km de la ville, vers la route de Mahajunga, mise à sa disposition par les autorités. Ce sera Antolojanahary, le premier village, dont le nom signifie « don de Dieu ».

Pour officialiser juridiquement cette action déjà entamée en faveur des démunis, le Père Pedro fonde, en janvier 1990, avec une douzaine de jeunes malgaches venus à ses côtés sur la décharge, une Association Humanitaire du nom d’Akamasoa (« les bons amis » en malgache). Plus qu’une institution, c’est un Mouvement de solidarité pour venir en aide aux plus pauvres des pauvres.

Akamasoa vise à redonner une dignité humaine aux familles que l’extrême pauvreté avait forcé à vivre dans des conditions inhumaines. Le Père Pedro est convaincu que cette dignité peut être retrouvée, pour peu qu’existent des structures et un environnement humain et spirituel qui permettent à la personne de se reconstruire. Autrement dit : un logement, une école pour scolariser les enfants, un travail rémunéré.

Au travers de ces structures, mais d’abord avec beaucoup de passion et de foi en l’homme, Akamasoa cherche à aider la personne sans l’assister, mais en lui donnant les moyens de gagner son autonomie et de construire son avenir. Les familles et le Père Pedro construisent ensemble les maisons, montent les premières salles de classe, instaurent des règles de vie communautaire (Dina). Les premières maisons sont en bois ; la première classe ne rassemble que quelques enfants. Mais dès les premiers mois, des changements s’opèrent dans les personnes, les gens de la rue commençent à s’apaiser, les insultes cessent, les bagarres diminuent ; des signes apparaissent qui montrent que la bonne direction a été prise.

Aujourd’hui
En octobre 2014, l’Association Akamasoa a fêté ses 25 ans d’existence. 25 ans de combat permanent et de lutte contre la pauvreté qui sévit dans le pays, mais aussi 25 ans d’amour pour tout un peuple d’exclus.

En un quart de siècle, Akamasoa est venue en aide à plus de 500.000 malgaches, donnant une aide temporaire d’urgence à toutes les familles démunies qui se sont présentées à son Centre d’Accueil : un repas, des soins, des vêtements et des couvertures, du savon. Pour la seule année 2014, 38.000 personnes sont passées par ce Centre ! soit environ 70 familles par jour qui, ayant reçu une assistance ponctuelle, repartent ensuite dans leurs familles qui vivent très pauvrement.
25.000 personnes habitent dans les 18 villages construits par l’Association ; au total, ce sont plus de 3.000 maisons qui ont été construites, mais aussi des écoles, des dispensaires, et des structures sportives dans chaque village Akamasoa.

12.160 enfants sont scolarisés dans ses écoles et 517 collaborateurs malgaches oeuvrent avec le Père ; et périodiquement sont acceptés des jeunes d’Europe ou d’ailleurs pour un travail bénévole et précis pour manifester l’universalité de notre Mouvement Humanitaire.

L’Association assure aussi un salaire à 3145 personnes (carrières, maçonnerie, artisanat, santé, professeurs, cantines, personnel d’entretien des villages). Mais en fait ces ouvriers construisent leur propre ville, et on peut appeler aujourd’hui Akamasoa : « la ville bâtie par les pauvres eux-mêmes ».

Et chaque dimanche matin, 7 à 8000 enfants, jeunes et adultes célèbrent ensemble l’Eucharistie dans le stade couvert qui sert d’église à Akamasoa, sur la colline de Manantenasoa. Deux guides touristiques, le Routard et Lonely Planet, encouragent les touristes de passage à Antananarivo de ne pas rater et de venir participer à cette messe où l’on fête l’amour de Dieu avec des milliers d’enfants qui chantent à tue-tête et dansent les danses folkloriques malgaches pour louer Dieu. Tous les dimanche, des dizaines de touristes de plusieurs pays assistent à cette prière unique, attirante et qui fait chaud au coeur. Plusieurs d’entre eux ont affirmé être partis de Madagascar remplis d’espérance pour le pays, après avoir vu cette jeunesse malgache qui prie, chante et danse la Vie, don de Dieu.

Une reconnaissance internationale
Le père Pedro se bat pour autofinancer une grande partie de son Association. Akamasoa, en effet, bien que Reconnue d’Utilité Publique par l’Etat malgache en 2004, ne bénéficie que ponctuellement d’une aide matérielle de l’Etat, et d’aucun financement par de grands organismes internationaux. Au jour le jour, l’Association vit et continue son travail grâce aux dons des personnes de bonne volonté que le père a su mobiliser et rendre sensibles à son combat, des personnes de tous les pays et à la rencontre desquelles il repart trois fois par an, à travers des conférences dans le monde entier.

Il a figuré, en 2011, 2013 et 2015, sur la liste des nominations pour le Prix Nobel de la paix, avec le soutien des gouvernements de Slovénie et de Madagascar, ainsi que de parlementaires français, malgaches, de l’Union Européenne, ainsi que d’associations et organismes canadien, argentin, australien et monégasque.

Plusieurs centaines de membres actifs soutiennent régulièrement le père Pedro à travers de nombreuses associations en Europe (France, Monaco, Italie, Slovénie, Allemagne, Autriche), en Amérique du Nord (États-Unis), Amérique du Sud (Argentine) et Océanie (Australie). Mais par rapport aux milliers de personnes que l’Association aide, et au regard des travaux colossaux qu’il faut accomplir chaque année, les aides doivent être cherchées avec beaucoup d’acharnement.